lundi, 26 mars 2007
Les droites orphelines
Ce matin, François Goulard, ministre UMP de l'enseignement supérieur, vient d'annoncer qu'il soutiendra François Bayrou, "l'homme et son projet", dans Ouest-France.
Ce n'est que le dernier des nombreux symptômes du malaise qui frappe la droite parlementaire - il faudrait d'ailleurs dire les droites -, depuis que Nicolas Sarkozy a verrouillé l'UMP à son profit et lui impose de soutenir ce qu'il pense.
En effet, la dérive de Nicolas Sarkozy vers l'ultralibéralisme, l'autoritarisme, une gouvernance sans aucun respect des règles démocratiques, une forme de conservatisme chrétien à l'ancienne, sans parler de positions proches de l'extrême droite sur l'immigration, a d'énormes conséquences politiques parce qu'il est bien plus à droite, sur tous ces plans, que la plupart des élus (et des électeurs) de droite qui le soutiennent.
Quelles sont, vues du centre, les tendances actuelles et les courants politiques qui cherchent à s'exprimer à droite malgré ce verrouillage de l'UMP?
Un courant autoritariste de thuriféraires de l'homme fort, anti-européen, très minoritaire
Les résurgences du gaullisme et de la glorification de la République à travers le souverainisme à la Seguin (en nette diminution).
Un néolibéralisme issu majoritairement des anciens de DL (Madelin, Novelli).
Un conservatisme chrétien traditionnaliste
Un républicanisme chiraquien assez traditionnel, venu principalement du RPR, où l'on trouve la plupart des villepinistes, MAM, Juppé, etc.
Un libéralisme social et européen issu de l'ancienne UDF (DL surtout)
Un gaullisme social et européen très minoritaire issu du RPR (Barnier).
En gros, c'est tout. Je parlerai ailleurs des contraintes des différents courants centristes de l'UMP et de leur malaise, dont les causes sont en partie les mêmes, dans un article sur l'espace politique du centre. Il suffit pour l'instant de constater que la plupart des courants de la droite sont orphelins aujourd'hui faute de pouvoir même exister de façon autonome.
La synthèse nommée sarkozysme heurte en particulier, sans parler des pratiques du candidat qui heurtent déjà beaucoup de monde, tous ceux qui ne veulent pas d'une politique néolibérale antisociale (et ils sont nombreux contrairement à ce que l'on affirme toujours à gauche où l'on feint de croire que toute la droite est sur la ligne de Sarkozy), tous ceux qui ne veulent pas d'un autoritarisme policier ou de dérives vers l'extrême droite (et ils sont encore plus nombreux, les néolibéraux en faisant en général partie). Les chiraquiens et les libéraux-sociaux notamment sont assez choqués, ne partageant à peu près aucune conviction avec le candidat. Les malaises des chiraquiens et les ralliements significatifs à François Bayrou sont assez bien relayés par Christophe Carignano sur son blog, alors que les journaux ne parlent que des ralliements médiatiques comme celui d'un ministre.
Du point de vue du centre, ces deux courants constituent une droite modérée avec laquelle il est possible de constituer une alliance politique, ceux à qui l'on pense pour une alliance entre gauche moderne, centre et droite modérée. Quitte à changer de personnes, soit dit au passage, les sortants du chiraquisme étant assez usés. Comment s'en sortir pour permettre l'émergence politique de cette droite modérée malgré le verrouillage sarkozyste de l'UMP?
Je crois qu'on sous-estime la démarche des petits partis de droite nouvellement fondés comme Debout La République (Dupont-Aignan) ou Alternative Libérale (Fillias). La conclusion logique qu'on peut et doit tirer du verrouillage de l'UMP est d'en démissionner quand on y a appartenu (Dupont-Aignan), de refonder un courant qui corresponde à ce que l'on pense et de se battre contre Sarkozy. Je ne crois pas à une modification de l'UMP de l'intérieur qu'essaient encore d'obtenir les chiraquiens, qui sont encore trop attachés aux positions de leurs grands anciens, qui défendent leurs postes davantage que leurs idées.
C'est aussi la preuve que, si l'on en doutait encore, le principe même de la constitution de l'UMP par aggrégation en un seul parti, sans courants qui plus est, de personnes venues de tous les coins de la droite française et un peu du centre est un échec complet. Un appareil sans âme, sans synthèse propre, qui appartient à un chef et pèse sur tous les élus qui doivent se soumettre (du moins le croient-ils) en vue de leur réélection. Ce face à quoi se trouvent par exemple les libéraux-sociaux anciens membres de DL, c'est la nécessité de rebâtir un nouveau DL, en plus social et moins complaisant face aux alliances avec l'extrême droite. Cela se fera sans les vieux élus qui ont fait sombrer leur courant politique pour gagner quelques postes.
A la première occasion, l'UMP sombrera; par exemple à l'occasion d'une défaite à la présidentielle face à François Bayrou. Comment ne pas partager avec François Goulard l'idée que l'UMP et le PS sont déjà des partis morts, même s'ils ne le savent pas encore ?
13:38 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : UDF, UMP, politique, Bayrou, Sarkozy, présidentielle
vendredi, 06 octobre 2006
L'avenir des politiques
Les élus sont depuis longtemps déjà dans une situation lamentable, et pour plusieurs raisons. Je crois qu'accuser l'une d'elles seule en oubliant les autres serait une erreur. Ainsi, il y a une forme d'archaïsme de la démocratie représentative, très bien compris par Bayrou qui ne propose pas, au contraire, du faire-semblant sous le nom de "démocratie participative" comme Royal avec son site sur lequel on peut participer sans que personne ne prenne vos idées en compte en rien, mais par exemple un référendum d'initiative populaire dans la constitution et une vraie transparence, une vraie consultation du peuple avant la décision, etc (j'en reparlerai ailleurs); et qui est très conscient de ce que cela implique comme modification des pratiques et de l'éthique de l'élu - mais Bayrou semble être actuellement l'un des rares à penser notre avenir de démocrates parmi tous nos candidats.
Il y a aussi la pratique des élus au pouvoir depuis longtemps, méprisant le peuple, se livrant à des grenouillages et faisant leurs affaires, ne résolvant pas la grande majorité des problèmes sérieux de la France depuis 25 ans, transformant leurs propres actes, à force de com' des campagnes jusque dans les annonces de loi et les déclarations du président, dans les mensonges éhontés au su de tous, en autant de destructions programmées de tout ce que la République avait bâti. En ce sens, la naissance des Guignols est méritée, et elle ne semble même pas avoir touché les politiques au pouvoir alors que c'était un symptôme majeur qu'une telle parodie soit juste en France aujourd'hui.
Et il y a le comportement des politiques vis-à-vis des média, fasciné et désinvolte à la fois. Contrairement à ce qui se dit souvent, je crois que le comportement de Sarkozy et Royal n'est pas celui du politique de demain, mais un comportement archaïque, digne successeur de l'ère de la communication et de l'image pure déjà en train de se terminer en France: ce sont, bien plus que d'autres, des candidats de la France d'hier. Car ce ne sont pas des idées que les Français ne veulent plus, au contraire, mais de la com' et de son mensonge permanent, qui pèseront très lourd dans le bilan de ces deux-là quand les Français le feront: ceux qui appellent Bayrou à céder à la loi de l'image ont donc tort, en particulier les journalistes incapables de sortir de l'image qui les imprègne depuis l'école, il faut faire la campagne contre elle et sa loi - sans, bien sûr, ignorer qu'elle a longtemps régné dans notre histoire (1981-2002 environ) et que l'on ne fait pas une campagne comme en 1974 pour autant. Les média et sondages, solidaires, ne sont pas pour peu dans ce bilan négatif de la com' dont ils sont solidaires aussi aujourd'hui.
La seule véritable question est de savoir si cette ère de com' se terminera avant 2007 ou après, et avril 2002, le référendum, l'abstention en 2004, les manifestations du CPE (qui sont tout sauf un soutien au PS), tous ces indices laissent penser que la présidentielle donnera la preuve de ce changement d'ère; reste à savoir seulement si François Bayrou en profitera comme je le crois pour être présent au second tour, ou s'il s'agira à nouveau, comme en 2002, d'une preuve qui se perdra encore par l'abstention, l'extrémisme, le rejet sans solution mise en face, sans espoir suffisamment explicite manifesté dans le vote.
De toute manière, les élus risquent, sans rénovation profonde, une sorte de Mani Pulite sous une forme ou sous une autre en France - d'aucuns appelleraient ça une révolution: qui irait-on chercher pour casser le système d'ailleurs, ce que les Français veulent très profondément, après des années pendant lesquelles ils se sont convaincus, à force d'incapacité du PS et de l'UMP, que le système est définitivement bon à jeter aux chiens, sinon les extrêmes, si le centre ne proposait pas aujourd'hui d'accomplir une révolution civique dans le cadre républicain? Voilà pourquoi il faut une sixième république, au-delà de toute discussion sur la pertinence théorique du numéro. Quoi d'autre pour que les élus construisent enfin autre chose? Sommes-nous aujourd'hui incapables du geste salvateur de 1958?
14:05 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Média, politique
jeudi, 14 septembre 2006
Nous ne sommes pas gouvernés par l'UMP
J'ai décidé de me pencher sur la Charte de l'UMP -preuve d'ouverture, on en conviendra. J'ai été gentil: je n'ai pas choisi leurs programmes aux élections législatives et autre présidentielle.
Cette charte, sans doute rédigée par un technocrate énarchisé passé en politique, est pleine de banalités, que je me suis permis de ne pas citer, mais comporte aussi des points révélateurs.
PREAMBULE : LE SENS DE L'UNION
La politique a besoin d’un souffle nouveau.
On en conviendra, c'est parfaitement vrai! La fin de règne actuelle et l'écroulement de la République sous Chirac ont été magistralement anticipés par l'auteur en 2002.
Nos compatriotes veulent que l’efficacité et l’autorité du politique soient restaurées. Ils veulent de la clarté et de l’action.
Là encore, c'est parfaitement vrai: toujours ni efficacité, ni autorité, ni clarté, ni même tellement d'action... Je suis tout à fait d'accord avec l'auteur de 2002.
Nous proposons aujourd’hui à nos concitoyens de se rassembler dans une même formation populaire et ouverte à tous. Chacun doit pouvoir s’y exprimer, débattre pour élaborer des idées nouvelles, pour les mettre en oeuvre.
Je ne savais pas que la priorité de l'UMP était qu'on puisse y débattre pour élaborer des idées nouvelles; si c'est le cas, c'est raté. Sans doute est-ce pour cela que l'auteur propose aujourd'hui de se rassembler ailleurs. Une singularité: je ne savais pas que la mise en oeuvre des idées dans l'action était le rôle d'un parti, je croyais naïvement que c'était celui de l'Assemblée, du gouvernement, tout ça.
LA CHARTE DE L’UNION
Nous affirmons deux principes pour restaurer la confiance des Français dans l’action publique : écouter les citoyens, agir avec eux et pour eux.
Ce texte me fait penser au discours de Villepin. Les citoyens n'ont manifestement pas confiance. Le gouvernement n'écoute manifestement pas les citoyens, n'agit pas avec eux et encore moins pour eux. La méthode semble peu appliquée...
ECOUTER, COMPRENDRE, PARTICIPER, RESPECTER
les Français se sentent souvent seuls et rarement écoutés.
L'auteur de la Charte a parfaitement raison, nous ne sommes que rarement écoutés - mais cependant de moins en moins seuls à force de protester: c'est plutôt le gouvernement qui est seul en ce moment.
Ecouter : aucun engagement politique n’est durable sans que soient écoutés ceux que personne n’entend.
L'auteur explique pourquoi l'engagement actuel du gouvernement ne sera pas durable, puisqu'il n'écoute pas du tout. Je suis de son avis.
Comprendre : être aux côtés de tous nos compatriotes, mesurer les difficultés et les aspirations de chacun.
Pour comprendre, notre gouvernement devrait prendre le temps de mesurer les difficultés et les aspirations, je suis de l'avis de l'auteur, et puisqu'il ne le fait pas, le gouvernement ne comprend rien, c'est tout à fait juste.
Participer : chaque citoyen peut revendiquer le droit de participer à la décision ; cela suppose proximité, démocratie directe, dialogue social.
Pour bien expliquer la portée de ce passage, je crois qu'il faut insister sur ce point: tout citoyen peut revendiquer le droit de participer, certes, mais participer à la décision, non. Quant à la démocratie directe et au dialogue social, je ne crois pas nécessaire d'insister: rien n'a été fait, même symboliquement, dans cette direction, voire l'inverse. Avec même des idées curieuses du style: nous, députés, avons été élus, donc ils doivent obéir à ce que nous décidons au lieu de protester...
Respecter : aucun point de vue n’est négligeable ; il n’y a ni conviction, ni élan, sans attention prêtée à l’autre.
Tout ce passage est du Villepin tout craché, on en conviendra. Attention prêtée à l'autre, bien sûr. Tout dépend qui est l'autre, dans cette phrase.
ANTICIPER, DECIDER, AGIR
Le temps du politique dépasse le court terme.
C'est la raison pour laquelle le gouvernement a diminué la dette qui pèse sur les générations futures ou a favorisé le développement durable... Non, je ne parlais pas du gouvernement français.
Après la concertation, vient le moment des choix.
C'est la raison pour laquelle il n'y a toujours pas eu de choix en France, puisqu'il n'y a jamais eu de concertation ou presque.
Au-delà des intérêts particuliers, l’homme politique doit dégager la vision de l’intérêt général sans laquelle le lien social se délite. Cela suppose du courage pour affronter les oppositions individuelles. Il faut s’y résoudre et savoir décider.
L'homme politique sait dégager l'intérêt général. Toute la question est donc de savoir combien il y a eu d'homme politiques au gouvernement. Ceux qui savent résister à la pression de Vivendi dans une loi sur les droits d'auteur, par exemple, ou à celle du Medef sur le droit social. Et je ne parle pas du courage...Nous voulons restaurer le sens de l’action en politique : donner des objectifs, définir les moyens, contrôler la progression et évaluer les résultats atteints.
Contrôle de la progression et évaluation, on ne l'a jamais fait en France, c'est sans doute pourquoi l'action n'a toujours pas trouvé de sens.
LIBERTE
Le libre arbitre garantit l’épanouissement des talents. La liberté est la valeur essentielle qui permet d’imaginer, d’agir, de créer.
Nulle part la moindre mention sur les conditions qui permettent d'être libre dans une société, comme la nôtre en particulier. Le libre arbitre du sans abri permettrait-il l'épanouissement de ses talents?
Le mérite et l’ascension sociale sont les signes d’une société qui progresse.
C'est pourquoi nous savons maintenant que notre société régresse: le mérite n'est pas reconnu, mais bien l'argent et les relations, et l'ascension sociale, demandez aux banlieues ce qu'elles en pensent.
Notre société doit particulièrement marquer sa reconnaissance à ceux qui dans leur domaine accomplissent des performances exceptionnelles.
C'est pourquoi il serait anormal de faire passer en justice un Guy Drut. C'est aussi pourquoi les jeunes chercheurs qui inventent l'avenir doivent avoir droit après 10 ans d'études supérieures à toucher presque le SMIC en France.
L’avenir de notre économie, c’est l’innovation, l’imagination, l’envie de créer, la volonté d’entreprendre, l’esprit d’entreprise.
Question: mais qu'a fait le gouvernement pour favoriser l'innovation, l'imagination, l'envie de créer, etc? Je cherche en vain. On n'aboutit pas aux objectifs de Lisbonne par hasard et sans volonté. Notre gouvernement n'a donc toujours pas travaillé à l'avenir de notre économie: tout s'explique, et en particulier ses résultats après 4 ans.
La liberté ouvre la voie à la générosité.
Il semble que là, il y ait un problème... La générosité manque visiblement; sommes-nous libres, alors? ou faudrait-il une autre valeur, un truc comme la fraternité ?RESPONSABILITE
Être libre c’est être responsable.
Curieux, moi j'aurais cru qu'il était possible d'être libre et irresponsable, et même qu'on en avait pas mal d'exemples tous les jours, en particulier chez les politiques et patrons de multinationale en ce moment.
L’autorité de l’Etat et la justice doivent assurer que chacun réponde de ses actes.
Tout à fait d'accord! A commencer par les présidents, tout ça.
N’ayons pas peur du progrès. Si la science nous ouvre d’immenses possibilités, elle nous donne aussi les moyens d’assumer nos responsabilités.
A ma connaissance, à chaque fois qu'il y a eu la possibilité d'un véritable progrès avec des implications éthiques par exemple, il a été bloqué sans réflexion alors qu'il se développait ailleurs en Europe. Utilisation des embryons congelés à des fins thérapeutiques, par exemple. Génétique humaine. Mais c'est vrai aussi des innovations dans d'autres domaines, comme les logiciels libres avec la dernière loi. Aucune des innovations n'est soutenue. C'est l'un des aspects les plus sombres de notre société.
Nous sommes responsables à l’égard des générations futures, et la grandeur d’une démocratie lucide est de leur donner la préférence dans les conflits d’intérêt qui peuvent surgir,
Et de la part des générations futures, vu le poids de la dette encore augmentée, entre autres, je serais inquiet. En tout cas, zéro grandeur et zéro lucidité depuis 5 ans sur ce sujet. On continue à donner la préférence à la clientèle électorale de toute façon, comme à gauche d'ailleurs.
comme elle est de préserver les richesses que nous ont transmises les générations passées en terme de savoir et de beauté.
J'ai bien cherché. Je ne vois pas une seule mesure en ce domaine depuis très longtemps (et sous Jospin non plus).
Le développement durable, la coopération internationale et la mise en pratique de bonne mesures de régulation du monde sont l’une des formes modernes de la responsabilité : il existe une solidarité planétaire.
Mise en place du protocole de Kyoto: quasi pas d'effort du gouvernement pour que les délais et pourcentages de réduction sur lesquels nous sommes engagés soient tenus, y compris d'efforts de l'Etat. Dans d'autres domaines, comme l'énergie, pas d'effort du tout. Coopération internationale et régulation: au-delà des grands principes, je ne vois rien de sérieux...
SOLIDARITE
En défendant la solidarité et la générosité, nous construisons une société qui fasse à chacun toute sa place. La cohésion sociale se bâtit sur la solidarité. (...) la solidarité doit respecter l’individu. Elle ne doit pas se transformer en assistanat (...) Le sens de la solidarité, c’est de donner à chacun la possibilité de rebondir et par exemple de se former tout au long de la vie.
Reconnaissons que le gouvernement n'assiste certainement pas trop ceux qui en ont besoin. Une question : qu'a-t-on fait pour les pauvres? tous les chômeurs devenus RMIstes pour faire baisser les statistiques, tous les RMIstes qu'on n'a pas "inséré" dans la société, tous les sans-abri dans la rue? Pas plus que sous Jospin: à peu près rien, simplement. Quelle possibilité ont-ils de rebondir ou de bondir tout court? Notre gouvernement, où est sa générosité? est-ce que seulement il essaie de faire quelque chose? Où est notre solidarité? Car ce n'est politique de cohésion sociale, telle qu'elle est conçue, qui suffira.
La solidarité assure l’égalité des chances : l’école de la République doit permettre à chaque enfant de s’épanouir en donnant le meilleur de lui-même et permettre à ceux que leurs mérites distinguent, d’exercer les responsabilités les plus élevées.
De ce côté-là, on peut dire que c'est raté: manifestement, ceux qui exercent les responsabilités les plus élevées ne sont vraiment pas ceux que leurs méritent distinguent, ni aux niveaux présidentiels ou ministériels, ni dans les nominations du président en général à la tête du CSA et autres Autorités, des Cours, des entreprises publiques: c'est systématiquement du copinage politique; je ne proposerai pas à mes lecteurs d'évaluer la compétence de Douste-Blazy aux Affaires Etrangères par exemple; et dans la société en général c'est aussi l'argent et les relations qui dominent, ces dernières années sous Jospin comme Chirac ayant empiré la situation. Quant à l'école, qu'a-t-on fait pour assurer l'égalité des chances? Je cherche en vain.
Les formes diverses de solidarité de proximité développent la solidité du lien social et la générosité indispensable à toute vie collective. Au sein de la famille, la solidarité entre les générations prend une importance essentielle ; elle permet aux personnes âgées d’épauler les jeunes et aux jeunes de soutenir leurs aînés. La libre entreprise, petite ou grande, avec la participation des salariés et le dialogue social, les associations, les communautés de vies sont autant de lieux privilégiés, où se développe la solidarité.
NOTRE NATION
La France a depuis longtemps choisi et illustré à la face du monde la République.
Et elle continue à innover: la République à deux têtes de la cohabitation, la République dans laquelle le président promulgue officiellement une loi en demandant aux Français de ne pas l'appliquer en attendant qu'il trouve autre chose... Illustré, oui, de manière comique surtout ces derniers temps.
La Nation républicaine fonde notre identité commune.
On remarquera que l'identité n'est pas censée relever des régions, de l'Europe, etc. Nous ne sommes que Français. Eh bien en tout cas, pas moi, qui suis aussi parisien et européen notamment...
Notre pays est celui qui a défendu la liberté et qui a combattu pour les Lumières.
L'usage du passé est parfaitement juste puisqu'il ne le fait plus.
Le rayonnement de la France dans les relations internationales, notamment à travers la francophonie, permet de diffuser dans le monde le respect des différences au service de la diversité culturelle et le combat contre l’oppression.
Un combat contre l'oppression? Où ça? En Chine? En Russie? En Afrique? Quant au rayonnement de la France sous Chirac...
Notre rôle est d’œuvrer à la réduction des déséquilibres par un véritable partenariat au service du développement, dans les collectivités d’Outre Mer qui assurent la présence de la France sous tous les cieux, comme dans les pays les plus pauvres.
Un partenariat au service du développement? Mais où ça?
Nous refusons le communautarisme
Il faudrait rappeler ça à ... qui, déjà?
l’Etat doit garantir l’égalité des chances.
Parfaitement juste, mais concrètement, à se promener dans les banlieues...
L’EUROPE
Cette diversité entre les pays, conjuguée à la volonté de construire un projet commun, fait la valeur de l’Europe.
On appréciera la volonté des gouvernements de Chirac de construire un projet commun à sa juste valeur... pas grand'chose. La France est de ces pays qui commencent par agir seuls et pensent à l'Europe une semaine plus tard quand il y a le temps; qui critiquent sans arrêt devant le peuple les décisions européennes qu'ils ont défendu en Conseil...
L’Europe doit devenir toute proche des citoyens : les décisions pour lesquelles nous sommes plus forts ensemble doivent être prises au niveau européen,
C'est la raison pour laquelle, par exemple, un certain ministre accumule des lois sur l'immigration et la sécurité au niveau national en prétendant qu'elles peuvent être efficaces sans agir ou proposer quoi que ce soit au niveau européen. Celle pour laquelle nous attendons depuis des années une politique énergétique au niveau européen pour lesquelles il n'y a aucune action de la France. Celle pour laquelle la France attend systématiquement des années avant de transcrire les décisions européennes en lois françaises pour qu'elles aboutissent à une action. Etc.
celles qui peuvent être arrêtées au plus près du citoyen doivent rester à des échelons de proximité.
C'est la raison pour laquelle l'UMP n'a pas mené une décentralisation poussée et n'a pas donné aux régions les moyens financiers de gérer de manière autonome ce qui ne relève pas de l'Etat.
LUne Europe forte et puissante peut relever plus efficacement les défis d’un monde où la concurrence entre les pays est de plus en plus rude. L’Europe nous permet, ensemble, de développer des chantiers qui ne sont plus à la portée d’un seul pays dans le nouveau contexte de la mondialisation. Elle nous permet d’avoir plus de poids et d’agir pour réguler par le droit et le dialogue les rapports entre les différentes nations dans le cadre des institutions internationales.
Remarquons que ce discours n'a pas grand'chose à voir avec la pratique réelle du gouvernement qui ne tient pas compte de l'existence de l'Europe quand il ne l'accuse pas d'être responsable de tout ce qui va mal. Quant à développer des chantiers, qu'on m'en cite un créé récemment...
Enfin, l’Europe, qui donna le jour à la déclaration des droits de la personne humaine, a un rôle particulier à jouer dans le monde pour la défense de ces droits.
Remarquons que cette charte, qui ne signale nulle part que la France aurait un rôle quelconque à jouer pour défendre ces droits, est parfaitement cohérente en chargeant l'Europe de défendre ceux-ci: la France en effet continue à défendre les dictatures africaines, la Chine menacée par ses dissidents, la Russie contre les tchétchènes et ses dissidents, les régimes non démocratiques de par le monde, etc. Mieux vaut donc attribuer ce rôle à l'Europe, à laquelle la France n'appartient presque pas, comme chacun sait.
Rassemblés autour d’un même dessein, nous voulons réhabiliter la politique avec quelques idées simples : efficacité, pragmatisme, ouverture et dialogue.
Cette redoutable efficacité des politiques suivies, chacun peut en juger: banlieues, violences, dette, pauvreté, nombre de RMistes et de chômeurs, et même canicule, etc.
L'ouverture et le dialogue, la politique du gouvernement les manifeste chaque jour à l'Assemblée, envers les oppositions diverses, envers les organisations syndicales, envers les Français qui protestent... elle est exceptionnelle, on en conviendra.
A partir de la charte que nous proposons aux Français, nous voulons construire ensemble l’avenir : une société créative et solidaire, une République dont les Français soient fiers, une démocratie exigeante et juste, une France en mouvement.
Encore une fois, cette charte est parfaitement juste: une société créative et solidaire, une République dont les Français soient fiers, une démocratie exigeante et juste, une France en mouvement c'est effectivement pour l'avenir, et certainement pas pour le présent... l'ennui, c'est que cette phrase ressemble à: demain on rase gratis, et chaque jour c'est pour demain.
Concluons: si nous étions gouvernés par l'UMP, toute cette charte serait évidemment appliquée par nos ministres; or elle n'est pas appliquée; donc nous ne sommes pas gouvernés par l'UMP.
13:10 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Charte, UMP, politique
samedi, 17 juin 2006
Loïck Benoît sur l'inéligibilité des élus condamnés
Loïck Benoît estime indispensable pour rendre sa crédibilité à l'élu et faire en sorte qu'il retrouve la confiance des électeurs de décider une peine d’inéligibilité de 10 ans pour tout élu condamné pour ce qui tient à ses fonctions à amende, sursis ou prison.
Double peine, dira-t-on. Après des années d'affaires, et en pleine affaire Guy Drut, on peut comprendre ce radicalisme. Je crois qu'il faudrait prendre d'énormes précautions.
a) D'abord, parce qu'il deviendrait très tentant de faire pression sur le pouvoir judiciaire pour éliminer par une amende un politique gênant pour le pouvoir, ou d'ailleurs pour un juge un peu partial de prononcer cette amende en abusant de son pouvoir.
b) Ensuite parce que cette inéligibilité ne couvrirait pas tout ce que font les ministres (voire les présidents) et qui est souvent bien pire, et ce serait donc assez injuste; et qu'elle ne toucherait pas non plus un non-élu occupant des fonctions dans la haute administration, par exemple (ambassadeurs etc), ce qui est discutable.
c) Enfin parce que si cela ne concerne que le mandat en cause, rien n'empêchera un politique inéligible à la députation d'être élu sénateur, président d'une région ou maire d'une grande ville. Et encore ajouter que cela n'empêcherait pas un criminel d'être élu si son crime n'est pas lié à ses fonctions... Efficacité de la mesure très relative, donc.
d) Et l'on pourrait ajouter que rien n'empêchera les politiques de confier les tâches "salissantes" dont ils veulent surtout ne rien savoir à un autre élu ou à quelqu'un qui n'est pas élu.
16:15 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parlement
Loïck Benoît sur le renforcement de la présence des femmes au Parlement
Toujours dans le cadre d'un nouveau statut de l'élu, Loïck Benoît propose des règles de renforcement de la présence des femmes au Parlement, et ce statut aurai pour fonction de leur permettre d'assumer leur double rôle d'élue et de mère, notamment. il demande que l'UDF prenne des engagements aux législatives, au moins en nombre de candidates, et dans des circonscriptions gagnables.
a) L'objectif en soi est difficilement contestable. Mais il me semble que la proportionnelle à 50% proposée par l'UDF suffirait à garantir la présence des femmes avec une règle identique à celle des municipales sur la parité dans les listes.
b) Il me semble que le problème est surtout lié aux générations en fait: si l'on étudie les élus par génération, le nombre de femmes impliquées est correct dans la génération des moins de 40 ans, même si elles ne sont pas trop visibles encore au plan national en raison du temps mis à progresser; la meilleure solution serait donc plutôt dans la limitation du pourcentage de politiques âgés, par la limitation du cumul des mandats (effet de renouvellement à très court terme) et du nombre de mandats successifs (pour ne pas retrouver ce problème plus tard sur le long terme)
c) Quitte à parler de révolution des mentalités, il faudrait éviter de dire "permettre aux femmes d'assumer leur double rôle d'élue et de mère" en admettant implicitement que les hommes n'ont pas à assumer le double rôle d'élu et de père: ils ne le font pas, c'est vrai, aujourd'hui, mais ils le devraient et il serait bon de le dire; j'insisterais volontiers par contre sur le cas d'une père ou d'un père célibataire avec enfants qui doit pouvoir, avec ce statut, être un élu mais cela dépend aussi de conditions extérieures (comme la présence d'une garderie pour les enfants à l'Assemblée nationale!)
d) En attendant, aux prochaines élections, l'UDF peut certes prendre des engagements, mais ils sont relatifs, d'une part parce qu'elle a peu, par rapport à l'UMP ou au PS, de bons candidats comme de bonnes candidates possibles ayant notoriété et implantation sur place en raison du désastre de 2002 et pouvant gagner; Sarnez ou Letard ne seront pas candidates, d'ailleurs, semble-t-il; autant à l'UDF il sera facile d'obtenir un taux important de candidates, autant obtenir des élues le sera moins, alors que l'enjeu est là, justement parce que ses candidat(e)s seront renouvelés.
e) S'engager à présenter des élues dans des circonscriptions gagnables, c'est bien, mais choisir des candidats ou candidates qui peuvent gagner dans ces circonscriptions, ce n'est pas mal non plus, et je ne serais pas contre le choix du ou de la meilleur(e) sans tenir compte du sexe personnellement; il me semble qu'il y a peu de circonscriptions où un choix est possible, sauf quand tous nos candidats possibles sont des inconnus, et là gagner n'est qu'assez peu probable en général
f) Je suis frappé, depuis longtemps, que l'on n'insiste que sur la parité et beaucoup moins sur les autres difficultés de représentation à l'Assemblée nationale, qui pour moi ont la même importance: pas de minorités visibles, ou d'handicapés, surreprésentation de l'élite sociale et intellectuelle au détriment des ouvriers, agriculteurs, petits commerçants, etc; pourquoi privilégier le seul problème de la parité aujourd'hui alors que les autres manques sont sans doute plus graves pour la société française?
Prendre des engagements dans le domaine de la parité seulement serait voir le problème par le petit bout de la lorgnette, et si nous ne présentons que des femmes blanches hauts fonctionnaires de l'Etat issues de la grande bourgeoisie française, les femmes de leurs maris ou les filles de leurs pères pour caricaturer un peu, je ne suis pas convaincu que nous aurons progessé... le statut de l'élu devrait aussi prendre cela en compte, et poser des quotas pour la parité seulement m'a toujours semblé une injustice à l'égard de toutes les autres discriminations dans la représentation (raison pour laquelle je ne suis pas favorable aux quotas d'ailleurs).
12:05 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, parité, parlement



