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        <title>Carnets de l'éclusier - la voix politique d'un démocrate parisien - analyses</title>
        <description>parler n'est-il pas une sorte d'action? (Platon)</description>
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        <lastBuildDate>Sat, 19 May 2007 18:38:05 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Les droites orphelines</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 26 Mar 2007 13:38:29 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ce matin, François Goulard, ministre UMP de l'enseignement supérieur, vient d'annoncer qu'il soutiendra François Bayrou, &quot;l'homme et son projet&quot;, dans &lt;a href=&quot;http://www.ouest-france.fr/ofpolitique.asp?idDOC=38827&amp;amp;idCLA=3635&quot; title=&quot;l'article&quot;&gt;Ouest-France&lt;/a&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est que le dernier des nombreux symptômes du malaise qui frappe la droite parlementaire - il faudrait d'ailleurs dire les droites -, depuis que Nicolas Sarkozy a verrouillé l'UMP à son profit et lui impose de soutenir ce qu'il pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, la dérive de Nicolas Sarkozy vers l'ultralibéralisme, l'autoritarisme, une gouvernance sans aucun respect des règles démocratiques, une forme de conservatisme chrétien à l'ancienne, sans parler de positions proches de l'extrême droite sur l'immigration, a d'énormes conséquences politiques parce qu'il est bien plus à droite, sur tous ces plans, que la plupart des élus (et des électeurs) de droite qui le soutiennent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelles sont, vues du centre, les tendances actuelles et les courants politiques qui cherchent à s'exprimer à droite malgré ce verrouillage de l'UMP?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un courant autoritariste de thuriféraires de l'homme fort, anti-européen, très minoritaire&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les résurgences du gaullisme et de la glorification de la République à travers le souverainisme à la Seguin (en nette diminution).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un néolibéralisme issu majoritairement des anciens de DL (Madelin, Novelli).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un conservatisme chrétien traditionnaliste&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un républicanisme chiraquien assez traditionnel, venu principalement du RPR, où l'on trouve la plupart des villepinistes, MAM, Juppé, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un libéralisme social et européen issu de l'ancienne UDF (DL surtout)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un gaullisme social et européen très minoritaire issu du RPR (Barnier).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En gros, c'est tout. Je parlerai ailleurs des contraintes des différents courants centristes de l'UMP et de leur malaise, dont les causes sont en partie les mêmes, dans un article sur l'espace politique du centre. Il suffit pour l'instant de constater que la plupart des courants de la droite sont orphelins aujourd'hui faute de pouvoir même exister de façon autonome.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La synthèse nommée sarkozysme heurte en particulier, sans parler des pratiques du candidat qui heurtent déjà beaucoup de monde, tous ceux qui ne veulent pas d'une politique néolibérale antisociale (et ils sont nombreux contrairement à ce que l'on affirme toujours à gauche où l'on feint de croire que toute la droite est sur la ligne de Sarkozy), tous ceux qui ne veulent pas d'un autoritarisme policier ou de dérives vers l'extrême droite (et ils sont encore plus nombreux, les néolibéraux en faisant en général partie). Les chiraquiens et les libéraux-sociaux notamment sont assez choqués, ne partageant à peu près aucune conviction avec le candidat. Les malaises des chiraquiens et les ralliements significatifs à François Bayrou sont assez bien relayés par Christophe Carignano sur &lt;a href=&quot;http://carignano.blog.20minutes.fr/&quot; title=&quot;le blog &quot;&gt;son blog&lt;/a&gt;, alors que les journaux ne parlent que des ralliements médiatiques comme celui d'un ministre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du point de vue du centre, ces deux courants constituent une droite modérée avec laquelle il est possible de constituer une alliance politique, ceux à qui l'on pense pour une alliance entre gauche moderne, centre et droite modérée. Quitte à changer de personnes, soit dit au passage, les sortants du chiraquisme étant assez usés.&amp;nbsp;Comment s'en sortir pour permettre l'émergence politique de cette droite modérée malgré le verrouillage sarkozyste de l'UMP?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crois qu'on sous-estime la démarche des petits partis de droite nouvellement fondés comme Debout La République (Dupont-Aignan) ou Alternative Libérale (Fillias). La conclusion logique qu'on peut et doit tirer du verrouillage de l'UMP est d'en démissionner quand on y a appartenu (Dupont-Aignan), de refonder un courant qui corresponde à ce que l'on pense et de se battre contre Sarkozy. Je ne crois pas à une modification de l'UMP de l'intérieur qu'essaient encore d'obtenir les chiraquiens, qui sont encore trop attachés aux positions de leurs grands anciens, qui défendent leurs postes davantage que leurs idées.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est aussi la preuve que, si l'on en doutait encore, le principe même de la constitution de l'UMP par aggrégation en un seul parti, sans courants qui plus est, de personnes venues de tous les coins de la droite française et un peu du centre est un échec complet. Un appareil sans âme, sans synthèse propre, qui appartient à un chef et pèse sur tous les élus qui doivent se soumettre (du moins le croient-ils) en vue de leur réélection. Ce face à quoi se trouvent par exemple les libéraux-sociaux anciens membres de DL, c'est la nécessité de rebâtir un nouveau DL, en plus social et moins complaisant face aux alliances avec l'extrême droite. Cela se fera sans les vieux élus qui ont fait sombrer leur courant politique pour gagner quelques postes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la première occasion, l'UMP sombrera; par exemple à l'occasion d'une défaite à la présidentielle face à François Bayrou. Comment ne pas partager avec François Goulard l'idée que l'UMP et le PS sont déjà des partis morts, même s'ils ne le savent pas encore ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>L'avenir des politiques</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 06 Oct 2006 14:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Les élus sont depuis longtemps déjà dans une situation lamentable, et pour plusieurs raisons. Je crois qu'accuser l'une d'elles seule en oubliant les autres serait une erreur. Ainsi, il y a une forme d'archaïsme de la démocratie représentative, très bien compris par Bayrou qui ne propose pas, au contraire, du faire-semblant sous le nom de &quot;démocratie participative&quot; comme Royal avec son site sur lequel on peut participer sans que personne ne prenne vos idées en compte en rien, mais par exemple un référendum d'initiative populaire dans la constitution et une vraie transparence, une vraie consultation du peuple avant la décision, etc (j'en reparlerai ailleurs); et qui est très conscient de ce que cela implique comme modification des pratiques et de l'éthique de l'élu - mais Bayrou semble être actuellement l'un des rares à penser notre avenir de démocrates parmi tous nos candidats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a aussi la pratique des élus au pouvoir depuis longtemps, méprisant le peuple, se livrant à des grenouillages et faisant leurs affaires, ne résolvant pas la grande majorité des problèmes sérieux de la France depuis 25 ans, transformant leurs propres actes, à force de com' des campagnes jusque dans les annonces de loi et les déclarations du président, dans les mensonges éhontés au su de tous, en autant de destructions programmées de tout ce que la République avait bâti. En ce sens, la naissance des Guignols est méritée, et elle ne semble même pas avoir touché les politiques au pouvoir alors que c'était un symptôme majeur qu'une telle parodie soit juste en France aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et il y a le comportement des politiques vis-à-vis des média, fasciné et désinvolte à la fois. Contrairement à ce qui se dit souvent, je crois que le comportement de Sarkozy et Royal n'est pas celui du politique de demain, mais un comportement archaïque, digne successeur de l'ère de la communication et de l'image pure déjà en train de se terminer en France: ce sont, bien plus que d'autres, des candidats de la France d'hier. Car ce ne sont pas des idées que les Français ne veulent plus, au contraire, mais de la com' et de son mensonge permanent, qui pèseront très lourd dans le bilan de ces deux-là quand les Français le feront: ceux qui appellent Bayrou à céder à la loi de l'image ont donc tort, en particulier les journalistes incapables de sortir de l'image qui les imprègne depuis l'école, il faut faire la campagne contre elle et sa loi - sans, bien sûr, ignorer qu'elle a longtemps régné dans notre histoire (1981-2002 environ) et que l'on ne fait pas une campagne comme en 1974 pour autant. Les média et sondages, solidaires, ne sont pas pour peu dans ce bilan négatif de la com' dont ils sont solidaires aussi aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule véritable question est de savoir si cette ère de com' se terminera avant 2007 ou après, et avril 2002, le référendum, l'abstention en 2004, les manifestations du CPE (qui sont tout sauf un soutien au PS), tous ces indices laissent penser que la présidentielle donnera la preuve de ce changement d'ère; reste à savoir seulement si François Bayrou en profitera comme je le crois pour être présent au second tour, ou s'il s'agira à nouveau, comme en 2002, d'une preuve qui se perdra encore par l'abstention, l'extrémisme, le rejet sans solution mise en face, sans espoir suffisamment explicite manifesté dans le vote.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute manière, les élus risquent, sans rénovation profonde, une sorte de Mani Pulite sous une forme ou sous une autre en France - d'aucuns appelleraient ça une révolution: qui irait-on chercher pour casser le système d'ailleurs, ce que les Français veulent très profondément, après des années pendant lesquelles ils se sont convaincus, à force d'incapacité du PS et de l'UMP, que le système est définitivement bon à jeter aux chiens, sinon les extrêmes, si le centre ne proposait pas aujourd'hui d'accomplir une révolution civique dans le cadre républicain? Voilà pourquoi il faut une sixième république, au-delà de toute discussion sur la pertinence théorique du numéro. Quoi d'autre pour que les élus construisent enfin autre chose? Sommes-nous aujourd'hui incapables du geste salvateur de 1958?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdeleclusier.hautetfort.com/archive/2006/09/14/nous-ne-sommes-pas-gouvernes-par-l-ump.html</guid>
                <title>Nous ne sommes pas gouvernés par l'UMP</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 14 Sep 2006 13:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;J'ai décidé de me pencher sur la Charte de l'UMP -preuve d'ouverture, on en conviendra. J'ai été gentil: je n'ai pas choisi leurs programmes aux élections législatives et autre présidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette charte, sans doute rédigée par un technocrate énarchisé passé en politique, est pleine de banalités, que je me suis permis de ne pas citer, mais comporte aussi des points révélateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;PREAMBULE : LE SENS DE L'UNION&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique a besoin d’un souffle nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On en conviendra, c'est parfaitement vrai! La fin de règne actuelle et l'écroulement de la République sous Chirac ont été magistralement anticipés par l'auteur en 2002. &lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nos compatriotes veulent que l’efficacité et l’autorité du politique soient restaurées. Ils veulent de la clarté et de l’action.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Là encore, c'est parfaitement vrai: toujours ni efficacité, ni autorité, ni clarté, ni même tellement d'action... Je suis tout à fait d'accord avec l'auteur de 2002.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous proposons aujourd’hui à nos concitoyens de se rassembler dans une même formation populaire et ouverte à tous. Chacun doit pouvoir s’y exprimer, débattre pour élaborer des idées nouvelles, pour les mettre en oeuvre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne savais pas que la priorité de l'UMP était qu'on puisse y débattre pour élaborer des idées nouvelles; si c'est le cas, c'est raté. Sans doute est-ce pour cela que l'auteur propose aujourd'hui de se rassembler ailleurs. Une singularité: je ne savais pas que la mise en oeuvre des idées dans l'action était le rôle d'un parti, je croyais naïvement que c'était celui de l'Assemblée, du gouvernement, tout ça.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;LA CHARTE DE L’UNION&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous affirmons deux principes pour restaurer la confiance des Français dans l’action publique : écouter les citoyens, agir avec eux et pour eux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce texte me fait penser au discours de Villepin. Les citoyens n'ont manifestement pas confiance. Le gouvernement n'écoute manifestement pas les citoyens, n'agit pas avec eux et encore moins pour eux. La méthode semble peu appliquée...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;ECOUTER, COMPRENDRE, PARTICIPER, RESPECTER&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;les Français se sentent souvent seuls et rarement écoutés.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur de la Charte a parfaitement raison, nous ne sommes que rarement écoutés - mais cependant de moins en moins seuls à force de protester: c'est plutôt le gouvernement qui est seul en ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ecouter : aucun engagement politique n’est durable sans que soient écoutés ceux que personne n’entend.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur explique pourquoi l'engagement actuel du gouvernement ne sera pas durable, puisqu'il n'écoute pas du tout. Je suis de son avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comprendre : être aux côtés de tous nos compatriotes, mesurer les difficultés et les aspirations de chacun.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre, notre gouvernement devrait prendre le temps de mesurer les difficultés et les aspirations, je suis de l'avis de l'auteur, et puisqu'il ne le fait pas, le gouvernement ne comprend rien, c'est tout à fait juste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Participer : chaque citoyen peut revendiquer le droit de participer à la décision ; cela suppose proximité, démocratie directe, dialogue social.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour bien expliquer la portée de ce passage, je crois qu'il faut insister sur ce point: tout citoyen peut revendiquer le droit de participer, certes, mais participer à la décision, non. Quant à la démocratie directe et au dialogue social, je ne crois pas nécessaire d'insister: rien n'a été fait, même symboliquement, dans cette direction, voire l'inverse. Avec même des idées curieuses du style: nous, députés, avons été élus, donc ils doivent obéir à ce que nous décidons au lieu de protester...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Respecter : aucun point de vue n’est négligeable ; il n’y a ni conviction, ni élan, sans attention prêtée à l’autre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout ce passage est du Villepin tout craché, on en conviendra. Attention prêtée à l'autre, bien sûr. Tout dépend qui est l'autre, dans cette phrase.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;ANTICIPER, DECIDER, AGIR&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le temps du politique dépasse le court terme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle le gouvernement a diminué la dette qui pèse sur les générations futures ou a favorisé le développement durable... Non, je ne parlais pas du gouvernement français.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Après la concertation, vient le moment des choix.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle il n'y a toujours pas eu de choix en France, puisqu'il n'y a jamais eu de concertation ou presque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Au-delà des intérêts particuliers, l’homme politique doit dégager la vision de l’intérêt général sans laquelle le lien social se délite. Cela suppose du courage pour affronter les oppositions individuelles. Il faut s’y résoudre et &lt;b&gt;savoir décider&lt;/b&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; L'homme politique sait dégager l'intérêt général. Toute la question est donc de savoir combien il y a eu d'homme politiques au gouvernement. Ceux qui savent résister à la pression de Vivendi dans une loi sur les droits d'auteur, par exemple, ou à celle du Medef sur le droit social. Et je ne parle pas du courage... &lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous voulons restaurer le sens de l’action en politique : donner des objectifs, définir les moyens, contrôler la progression et évaluer les résultats atteints.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrôle de la progression et évaluation, on ne l'a jamais fait en France, c'est sans doute pourquoi l'action n'a toujours pas trouvé de sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;LIBERTE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le libre arbitre garantit l’épanouissement des talents. La liberté est la valeur essentielle qui permet d’imaginer, d’agir, de créer.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nulle part la moindre mention sur les conditions qui permettent d'être libre dans une société, comme la nôtre en particulier. Le libre arbitre du sans abri permettrait-il l'épanouissement de ses talents?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le mérite et l’ascension sociale sont les signes d’une société qui progresse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi nous savons maintenant que notre société régresse: le mérite n'est pas reconnu, mais bien l'argent et les relations, et l'ascension sociale, demandez aux banlieues ce qu'elles en pensent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Notre société doit particulièrement marquer sa reconnaissance à ceux qui dans leur domaine accomplissent des performances exceptionnelles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi il serait anormal de faire passer en justice un Guy Drut. C'est aussi pourquoi les jeunes chercheurs qui inventent l'avenir doivent avoir droit après 10 ans d'études supérieures à toucher presque le SMIC en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L’avenir de notre économie, c’est l’innovation, l’imagination, l’envie de créer, la volonté d’entreprendre, l’esprit d’entreprise.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Question: mais qu'a fait le gouvernement pour favoriser l'innovation, l'imagination, l'envie de créer, etc? Je cherche en vain. On n'aboutit pas aux objectifs de Lisbonne par hasard et sans volonté. Notre gouvernement n'a donc toujours pas travaillé à l'avenir de notre économie: tout s'explique, et en particulier ses résultats après 4 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La liberté ouvre la voie à la générosité.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Il semble que là, il y ait un problème... La générosité manque visiblement; sommes-nous libres, alors? ou faudrait-il une autre valeur, un truc comme la fraternité ? &lt;p&gt;&lt;i&gt;RESPONSABILITE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Être libre c’est être responsable.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Curieux, moi j'aurais cru qu'il était possible d'être libre et irresponsable, et même qu'on en avait pas mal d'exemples tous les jours, en particulier chez les politiques et patrons de multinationale en ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L’autorité de l’Etat et la justice doivent assurer que chacun réponde de ses actes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout à fait d'accord! A commencer par les présidents, tout ça.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;N’ayons pas peur du progrès. Si la science nous ouvre d’immenses possibilités, elle nous donne aussi les moyens d’assumer nos responsabilités.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A ma connaissance, à chaque fois qu'il y a eu la possibilité d'un véritable progrès avec des implications éthiques par exemple, il a été bloqué sans réflexion alors qu'il se développait ailleurs en Europe. Utilisation des embryons congelés à des fins thérapeutiques, par exemple. Génétique humaine. Mais c'est vrai aussi des innovations dans d'autres domaines, comme les logiciels libres avec la dernière loi. Aucune des innovations n'est soutenue. C'est l'un des aspects les plus sombres de notre société.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous sommes responsables à l’égard des générations futures, et la grandeur d’une démocratie lucide est de leur donner la préférence dans les conflits d’intérêt qui peuvent surgir,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et de la part des générations futures, vu le poids de la dette encore augmentée, entre autres, je serais inquiet. En tout cas, zéro grandeur et zéro lucidité depuis 5 ans sur ce sujet. On continue à donner la préférence à la clientèle électorale de toute façon, comme à gauche d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;comme elle est de préserver les richesses que nous ont transmises les générations passées en terme de savoir et de beauté.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai bien cherché. Je ne vois pas une seule mesure en ce domaine depuis très longtemps (et sous Jospin non plus).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le développement durable, la coopération internationale et la mise en pratique de bonne mesures de régulation du monde sont l’une des formes modernes de la responsabilité : il existe une solidarité planétaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mise en place du protocole de Kyoto: quasi pas d'effort du gouvernement pour que les délais et pourcentages de réduction sur lesquels nous sommes engagés soient tenus, y compris d'efforts de l'Etat. Dans d'autres domaines, comme l'énergie, pas d'effort du tout. Coopération internationale et régulation: au-delà des grands principes, je ne vois rien de sérieux...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;SOLIDARITE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En défendant la solidarité et la générosité, nous construisons une société qui fasse à chacun toute sa place. La cohésion sociale se bâtit sur la solidarité. (...) la solidarité doit respecter l’individu. Elle ne doit pas se transformer en assistanat (...) Le sens de la solidarité, c’est de donner à chacun la possibilité de rebondir et par exemple de se former tout au long de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reconnaissons que le gouvernement n'assiste certainement pas trop ceux qui en ont besoin. Une question : qu'a-t-on fait pour les pauvres? tous les chômeurs devenus RMIstes pour faire baisser les statistiques, tous les RMIstes qu'on n'a pas &quot;inséré&quot; dans la société, tous les sans-abri dans la rue? Pas plus que sous Jospin: à peu près rien, simplement. Quelle possibilité ont-ils de rebondir ou de bondir tout court? Notre gouvernement, où est sa générosité? est-ce que seulement il essaie de faire quelque chose? Où est notre solidarité? Car ce n'est politique de cohésion sociale, telle qu'elle est conçue, qui suffira.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La solidarité assure l’égalité des chances : l’école de la République doit permettre à chaque enfant de s’épanouir en donnant le meilleur de lui-même et permettre à ceux que leurs mérites distinguent, d’exercer les responsabilités les plus élevées.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce côté-là, on peut dire que c'est raté: manifestement, ceux qui exercent les responsabilités les plus élevées ne sont vraiment pas ceux que leurs méritent distinguent, ni aux niveaux présidentiels ou ministériels, ni dans les nominations du président en général à la tête du CSA et autres Autorités, des Cours, des entreprises publiques: c'est systématiquement du copinage politique; je ne proposerai pas à mes lecteurs d'évaluer la compétence de Douste-Blazy aux Affaires Etrangères par exemple; et dans la société en général c'est aussi l'argent et les relations qui dominent, ces dernières années sous Jospin comme Chirac ayant empiré la situation. Quant à l'école, qu'a-t-on fait pour assurer l'égalité des chances? Je cherche en vain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les formes diverses de solidarité de proximité développent la solidité du lien social et la générosité indispensable à toute vie collective. Au sein de la famille, la solidarité entre les générations prend une importance essentielle ; elle permet aux personnes âgées d’épauler les jeunes et aux jeunes de soutenir leurs aînés. La libre entreprise, petite ou grande, avec la participation des salariés et le dialogue social, les associations, les communautés de vies sont autant de lieux privilégiés, où se développe la solidarité.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NOTRE NATION&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La France a depuis longtemps choisi et illustré à la face du monde la République.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et elle continue à innover: la République à deux têtes de la cohabitation, la République dans laquelle le président promulgue officiellement une loi en demandant aux Français de ne pas l'appliquer en attendant qu'il trouve autre chose... Illustré, oui, de manière comique surtout ces derniers temps. &lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La Nation républicaine fonde notre identité commune.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On remarquera que l'identité n'est pas censée relever des régions, de l'Europe, etc. Nous ne sommes &lt;b&gt;que&lt;/b&gt; Français. Eh bien en tout cas, pas moi, qui suis aussi parisien et européen notamment...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Notre pays est celui qui a défendu la liberté et qui a combattu pour les Lumières.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'usage du passé est parfaitement juste puisqu'il ne le fait plus.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Le rayonnement de la France dans les relations internationales, notamment à travers la francophonie, permet de diffuser dans le monde le respect des différences au service de la diversité culturelle et le combat contre l’oppression.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un combat contre l'oppression? Où ça? En Chine? En Russie? En Afrique? Quant au rayonnement de la France sous Chirac...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Notre rôle est d’œuvrer à la réduction des déséquilibres par un véritable partenariat au service du développement, dans les collectivités d’Outre Mer qui assurent la présence de la France sous tous les cieux, comme dans les pays les plus pauvres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un partenariat au service du développement? Mais où ça? &lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous refusons le communautarisme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudrait rappeler ça à ... qui, déjà?&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;l’Etat doit garantir l’égalité des chances.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parfaitement juste, mais concrètement, à se promener dans les banlieues...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L’EUROPE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette diversité entre les pays, conjuguée à la volonté de construire un projet commun, fait la valeur de l’Europe.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On appréciera la volonté des gouvernements de Chirac de construire un projet commun à sa juste valeur... pas grand'chose. La France est de ces pays qui commencent par agir seuls et pensent à l'Europe une semaine plus tard quand il y a le temps; qui critiquent sans arrêt devant le peuple les décisions européennes qu'ils ont défendu en Conseil...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L’Europe doit devenir toute proche des citoyens : les décisions pour lesquelles nous sommes plus forts ensemble doivent être prises au niveau européen,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle, par exemple, un certain ministre accumule des lois sur l'immigration et la sécurité au niveau national en prétendant qu'elles peuvent être efficaces sans agir ou proposer quoi que ce soit au niveau européen. Celle pour laquelle nous attendons depuis des années une politique énergétique au niveau européen pour lesquelles il n'y a aucune action de la France. Celle pour laquelle la France attend systématiquement des années avant de transcrire les décisions européennes en lois françaises pour qu'elles aboutissent à une action. Etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;celles qui peuvent être arrêtées au plus près du citoyen doivent rester à des échelons de proximité.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle l'UMP n'a pas mené une décentralisation poussée et n'a pas donné aux régions les moyens financiers de gérer de manière autonome ce qui ne relève pas de l'Etat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;LUne Europe forte et puissante peut relever plus efficacement les défis d’un monde où la concurrence entre les pays est de plus en plus rude. L’Europe nous permet, ensemble, de développer des chantiers qui ne sont plus à la portée d’un seul pays dans le nouveau contexte de la mondialisation. Elle nous permet d’avoir plus de poids et d’agir pour réguler par le droit et le dialogue les rapports entre les différentes nations dans le cadre des institutions internationales.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Remarquons que ce discours n'a pas grand'chose à voir avec la pratique réelle du gouvernement qui ne tient pas compte de l'existence de l'Europe quand il ne l'accuse pas d'être responsable de tout ce qui va mal. Quant à développer des chantiers, qu'on m'en cite un créé récemment...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;Enfin, l’Europe, qui donna le jour à la déclaration des droits de la personne humaine, a un rôle particulier à jouer dans le monde pour la défense de ces droits.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Remarquons que cette charte, qui ne signale nulle part que la France aurait un rôle quelconque à jouer pour défendre ces droits, est parfaitement cohérente en chargeant l'Europe de défendre ceux-ci: la France en effet continue à défendre les dictatures africaines, la Chine menacée par ses dissidents, la Russie contre les tchétchènes et ses dissidents, les régimes non démocratiques de par le monde, etc. Mieux vaut donc attribuer ce rôle à l'Europe, à laquelle la France n'appartient presque pas, comme chacun sait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Rassemblés autour d’un même dessein, nous voulons réhabiliter la politique avec quelques idées simples : efficacité, pragmatisme, ouverture et dialogue.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette redoutable efficacité des politiques suivies, chacun peut en juger: banlieues, violences, dette, pauvreté, nombre de RMistes et de chômeurs, et même canicule, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ouverture et le dialogue, la politique du gouvernement les manifeste chaque jour à l'Assemblée, envers les oppositions diverses, envers les organisations syndicales, envers les Français qui protestent... elle est exceptionnelle, on en conviendra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;A partir de la charte que nous proposons aux Français, nous voulons construire ensemble l’avenir : une société créative et solidaire, une République dont les Français soient fiers, une démocratie exigeante et juste, une France en mouvement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore une fois, cette charte est parfaitement juste: &lt;i&gt;une société créative et solidaire, une République dont les Français soient fiers, une démocratie exigeante et juste, une France en mouvement&lt;/i&gt; c'est effectivement pour l'avenir, et certainement pas pour le présent... l'ennui, c'est que cette phrase ressemble à: &lt;i&gt;demain on rase gratis&lt;/i&gt;, et chaque jour c'est pour demain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concluons: si nous étions gouvernés par l'UMP, toute cette charte serait évidemment appliquée par nos ministres; or elle n'est pas appliquée; donc nous ne sommes pas gouvernés par l'UMP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Loïck Benoît sur l'inéligibilité des élus condamnés</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
                                                <category>Analyses</category>
                                                <pubDate>Sat, 17 Jun 2006 16:15:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Loïck Benoît estime indispensable pour rendre sa crédibilité à l'élu et faire en sorte qu'il retrouve la confiance des électeurs de décider une peine d’inéligibilité de 10 ans pour tout élu condamné pour ce qui tient à ses fonctions à amende, sursis ou prison.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Double peine, dira-t-on. Après des années d'affaires, et en pleine affaire Guy Drut, on peut comprendre ce radicalisme. Je crois qu'il faudrait prendre d'énormes précautions.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;a) D'abord, parce qu'il deviendrait très tentant de faire pression sur le pouvoir judiciaire pour éliminer par une amende un politique gênant pour le pouvoir, ou d'ailleurs pour un juge un peu partial de prononcer cette amende en abusant de son pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;b) Ensuite parce que cette inéligibilité ne couvrirait pas tout ce que font les ministres (voire les présidents) et qui est souvent bien pire, et ce serait donc assez injuste; et qu'elle ne toucherait pas non plus un non-élu occupant des fonctions dans la haute administration, par exemple (ambassadeurs etc), ce qui est discutable.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;c) Enfin parce que si cela ne concerne que le mandat en cause, rien n'empêchera un politique inéligible à la députation d'être élu sénateur, président d'une région ou maire d'une grande ville. Et encore ajouter que cela n'empêcherait pas un criminel d'être élu si son crime n'est pas lié à ses fonctions... Efficacité de la mesure très relative, donc.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;d) Et l'on pourrait ajouter que rien n'empêchera les politiques de confier les tâches &quot;salissantes&quot; dont ils veulent surtout ne rien savoir à un autre élu ou à quelqu'un qui n'est pas élu.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Loïck Benoît sur le renforcement de la présence des femmes au Parlement</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 17 Jun 2006 12:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Toujours dans le cadre d'un nouveau statut de l'élu, Loïck Benoît propose des règles de renforcement de la présence des femmes au Parlement, et ce statut aurai pour fonction de leur permettre d'assumer leur double rôle d'élue et de mère, notamment. il demande que l'UDF prenne des engagements aux législatives, au moins en nombre de candidates, et dans des circonscriptions gagnables.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;a) L'objectif en soi est difficilement contestable. Mais il me semble que la proportionnelle à 50% proposée par l'UDF suffirait à garantir la présence des femmes avec une règle identique à celle des municipales sur la parité dans les listes.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;b) Il me semble que le problème est surtout lié aux générations en fait: si l'on étudie les élus par génération, le nombre de femmes impliquées est correct dans la génération des moins de 40 ans, même si elles ne sont pas trop visibles encore au plan national en raison du temps mis à progresser; la meilleure solution serait donc plutôt dans la limitation du pourcentage de politiques âgés, par la limitation du cumul des mandats (effet de renouvellement à très court terme) et du nombre de mandats successifs (pour ne pas retrouver ce problème plus tard sur le long terme)&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;c) Quitte à parler de révolution des mentalités, il faudrait éviter de dire &quot;permettre aux femmes d'assumer leur double rôle d'élue et de mère&quot; en admettant implicitement que les hommes n'ont pas à assumer le double rôle d'élu et de père: ils ne le font pas, c'est vrai, aujourd'hui, mais ils le devraient et il serait bon de le dire; j'insisterais volontiers par contre sur le cas d'une père ou d'un père célibataire avec enfants qui doit pouvoir, avec ce statut, être un élu mais cela dépend aussi de conditions extérieures (comme la présence d'une garderie pour les enfants à l'Assemblée nationale!)&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;d) En attendant, aux prochaines élections, l'UDF peut certes prendre des engagements, mais ils sont relatifs, d'une part parce qu'elle a peu, par rapport à l'UMP ou au PS, de bons candidats comme de bonnes candidates possibles ayant notoriété et implantation sur place en raison du désastre de 2002 et pouvant gagner; Sarnez ou Letard ne seront pas candidates, d'ailleurs, semble-t-il; autant à l'UDF il sera facile d'obtenir un taux important de candidates, autant obtenir des élues le sera moins, alors que l'enjeu est là, justement parce que ses candidat(e)s seront renouvelés.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;e) S'engager à présenter des élues dans des circonscriptions gagnables, c'est bien, mais choisir des candidats ou candidates qui peuvent gagner dans ces circonscriptions, ce n'est pas mal non plus, et je ne serais pas contre le choix du ou de la meilleur(e) sans tenir compte du sexe personnellement; il me semble qu'il y a peu de circonscriptions où un choix est possible, sauf quand tous nos candidats possibles sont des inconnus, et là gagner n'est qu'assez peu probable en général&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;f) Je suis frappé, depuis longtemps, que l'on n'insiste que sur la parité et beaucoup moins sur les autres difficultés de représentation à l'Assemblée nationale, qui pour moi ont la même importance: pas de minorités visibles, ou d'handicapés, surreprésentation de l'élite sociale et intellectuelle au détriment des ouvriers, agriculteurs, petits commerçants, etc; pourquoi privilégier le seul problème de la parité aujourd'hui alors que les autres manques sont sans doute plus graves pour la société française?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Prendre des engagements dans le domaine de la parité seulement serait voir le problème par le petit bout de la lorgnette, et si nous ne présentons que des femmes blanches hauts fonctionnaires de l'Etat issues de la grande bourgeoisie française, les femmes de leurs maris ou les filles de leurs pères pour caricaturer un peu, je ne suis pas convaincu que nous aurons progessé... le statut de l'élu devrait aussi prendre cela en compte, et poser des quotas pour la parité seulement m'a toujours semblé une injustice à l'égard de toutes les autres discriminations dans la représentation (raison pour laquelle je ne suis pas favorable aux quotas d'ailleurs).&lt;/p&gt;
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                <title>Loïck Benoît sur la limitation dans le temps du nombre de mandats</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 16 Jun 2006 22:55:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dans le cadre du nouveau statut de l'élu toujours, Loïck Benoît propose, outre la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels successifs, de limiter à quatre mandats en tout de maire, sénateur ou député le nombre de mandats possibles dans sa vie pour un élu (20 à 24 ans donc au maximum en tout pour celui qui est élu sans discontinuer), la politique étant un métier mais ne devant pas être un emploi à vie, pour sélectionner autrement les élus et les pousser à des mandats utiles plus qu'à faire carrière et à renouveler les élus.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Telle qu'il la propose, cette limitation dans le temps, j'y suis opposé.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;a) Je crois que la limitation à deux mandats &lt;i&gt;successifs&lt;/i&gt; doit être étendue à d'autres qu'au président, députés, sénateurs, conseillers divers... mais pas forcément deux mandats en tout, cela serait se priver de compétences. Rien n'empêcherait un député, après deux mandats, de devenir maire d'une grande ville et de redevenir député après, la chose ne serait pas forcément un problème, au contraire. Par contre, permettre quatre mandats successifs, c'est ne pas assurer le renouvellement (Imaginer un maire de Paris pendant 24 ans par exemple...).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;b) La réforme telle qu'elle est proposée aurait des effets pervers. Une cascade de démissions dans tous les cas où l'on n'est pas dans la majorité municipale ou régionale serait rendue très probable, pour ne pas comptabiliser les mandats d'opposition. Et supposez un politique premier adjoint avec délégation de signature d'une ville, le maire n'étant qu'un homme de paille, et de plus président de l'intercommunalité qui a bien plus de pouvoir que le maire en général, président du club de football, de la régie des Transports et des associations qui ont du pouvoir localement, etc. Cet homme politique n'étant pas maire, les mandats ne seraient pas comptabilisés par votre système. Et pour gagner du temps de mandature, ce système serait retenu bien sûr par presque tous. Il faut donc comptabiliser tous les mandats, hors exécutif compris, nationaux et locaux, et considérer aussi les exécutifs d'intercommunalités (communautés urbaines, etc). Qui plus est, dans ce calcul, les places de ministre, par exemple, ne sont pas comptabilisées parmi les 4 mandats...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;c) Loïck croît que l'argument «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Si je suis élu, (...) dans 24 ans au plus tard, donc en 2031, 100% des élus de 2007-2008 seront remplacés par de nouveaux élus&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» contribuerait à rendre la confiance. Je n'en crois rien. Une proposition de renouvellement complet dans 24 ans quand les Français le veulent tout de suite n'est pas mobilisatrice. Cela n'empêche en rien la structure droite/gauche de se perpétrer avec des hommes différents d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Loïck Benoît sur le cumul des mandats</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 16 Jun 2006 18:35:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pour Loïck, l'objectif, outre le renouvellement, est la responsabilisation des élus. Je ne suis pas convaincu du tout que le principe de responsabilité sera promu par le cumul des mandats. Et la vérité oblige à dire que certains cumulards exercent très bien toutes leurs fonctions! L'objectif ne peut pas être la responsabilisation des élus.&lt;/font&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Loïck est partisan, dans un statut de l'élu, d'une interdiction de tout cumul assez poussée: aucun pour les députés par exemple, un seul mandat local pour les sénateurs dans le but d'éviter les baronnies. J'y suis a priori favorable, mais il me nécessaire de préciser les choses.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ce qui me gêne le plus dans les interdictions de cumul, c'est qu'on peut penser que, dans certains cas exceptionnels, cela serait utile. Mais il y a aussi les effets pervers: dans le gouvernement Chirac, il y a des ministres qui, pour ne pas être maire, sont devenus premier adjoint tout en conservant le pouvoir sur leur ville. Il faut donc étendre les interdictions d'être maire à tout mandat de conseiller municipal, et bien sûr aussi, Loïck l'oublie, aux conseillers régionaux (en supposant les départementaux supprimés).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je proposerais ceci, sans être trop fixé sur les seuils proposés:&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;députés&lt;/u&gt;&amp;nbsp;: interdiction de cumuler avec un mandat local pour ceux qui sont élus sur une liste à la proportionnelle mais possibilité pour ceux qui sont élus dans une circonscription d'être, seulement, maire ou conseiller municipal d'une commune de moins de, par exemple, 10000 habitants; parce que cela me semblerait intéressant de conserver, dans une structure de l'AN avec deux types d'élus, un lien territorial pour ceux qui sont élus dans une circonscription.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;sénateurs&lt;/u&gt;&amp;nbsp;: autorisation de cumuler avec un seul mandat local: je limiterais le type de mandat local autorisé à un mandat de conseiller municipal ou maire d'une ville assez petite, par exemple moins de 50 000 habitants, ou conseiller municipal de grande ville sans aucun rôle exécutif (pas de conseiller régional, et les conseillers départementaux doivent être supprimés) ; c'est cela qui évitera les baronnies tout en permettant de garder le lien avec les territoires.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;conseillers régionaux&lt;/u&gt;: je crois qu'il faut interdire tout cumul avec l'exécutif d'une grande ville (plus de 50 000 h par exemple?) mais permettre un seul autre mandat local.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Loïck Benoît sur le renouvellement de la classe politique</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 16 Jun 2006 16:05:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Loïck Benoît est assez radical sur ce point et souhaite que la classe politique actuelle tout entière, soit renouvelée tout entière et assez vite. Pour lui, cela permettrait de ramener la confiance des citoyens envers leurs dirigeants.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L'appel au renouvellement n'est certainement pas susceptible de ramener la confiance à mon avis. Et pas seulement parce que d'autres têtes ne seraient pas nécessairement plus honnêtes parce que plus jeunes, et qu'être compétent s'apprend. surtout parce qu'il sonne politicien, cet appel au renouvellement, dans le genre poussez-vous et laissez-moi la place, et l'on nous dira d'ailleurs que les dirigeants, députés et sénateurs de l'UDF, presque tous élus depuis un certain temps, n'ont qu'à commencer par s'en aller d'eux-mêmes, Bayrou en premier, au lieu de parler de renouvellement. Je crois qu'il y a des hommes, à l'UDF c'est évident mais ailleurs qu'à l'UDF aussi, qui se sont transformés, qui ne sont plus dans le contexte de cette pratique politique condamnable, et je ne vois pas pourquoi on se priverait de ceux-là au lieu de nettoyer seulement la part du monde politique qui doit l'être. Il faut faire attention à l'idée d'un nettoyage radical, on a vu le résultat en Italie où il était pourtant mérité: l'arrivée de Berlusconi au pouvoir!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais il y a mieux. Comment empêcher les gens qui perdent les élections ou se contentent de rester à la tête des partis de ne pas se renouveler en se contentant d'un statut de l'élu? Donc nous aurions toujours les Le Pen, Laguillier et autres.&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdeleclusier.hautetfort.com/archive/2006/06/16/dialogue-avec-loick-benoit-sur-l-echec-de-la-classe-politiqu.html</guid>
                <title>Dialogue avec Loïck Benoît, sur l'échec de la classe politique</title>
                <link>http://carnetsdeleclusier.hautetfort.com/archive/2006/06/16/dialogue-avec-loick-benoit-sur-l-echec-de-la-classe-politiqu.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
                                                <category>Analyses</category>
                                                <pubDate>Fri, 16 Jun 2006 14:00:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Loïck Benoît, maître de conférences en droit public, m'a fait parvenir au moment où s'ouvre le débat sur la VIème république un document intitulé &lt;em&gt;Quelles réformes institutionnelles pour la France&amp;nbsp;?&lt;/em&gt; à ce sujet, rédigé par lui au nom des Jeunes UDF 37.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Ce document contient des réflexions et propositions qui méritent d'entrer dans le débat public plus largement. J'aimerais discuter ici certaines d'entre elles, sans suivre l'ordre du document, et un peu en vrac, pour engager ce débat. Voici ma première note à ce sujet.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Echec de la classe politique française ou des clans au pouvoir?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Loïck Benoît estime que l'échec des 25 dernières années en France est l'échec de la classe politique française plutôt que d'un système institutionnel&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne crois pas qu'il y ait échec de la classe politique, mais bien des clans qui ont eu le pouvoir réel; au contraire, on n'a jamais écouté la classe politique &quot;de base&quot; dans ce fonctionnement de clans, Mitterando-chiraquien. Il est trop simple d'accuser tout le monde en bloc. Quant à faire un mea culpa de l'UDF pour les fautes commises il y a dix ans... et lesquelles d'ailleurs? car nous ne sommes pas responsables de tout au prétexte que nous avons soutenu la majorité! Non seulement j'estime ce mea culpa contre-productif, car il donne du poids au discours &quot;tous pourris&quot; des extrêmes, mais il me semble profondément injuste pour tous ceux, dont des ministres, députés, sénateurs, qui ont bien fait leur travail. D'ailleurs, toute condamnation collective du type &quot;la droite&quot;, &quot;la gauche&quot; n'a guère de sens, on le sait. C'est surtout une tentation que vous faites vôtre, celle de la table rase, concernant les hommes, et elle n'est pas justifiée. Il me semble que dès que l'on précise, un par un, les échecs et que l'on précise leurs causes humaines, car ils ont des responsables précis qui ne sont pas &quot;la classe politique&quot;, on se rend compte que parler d'un échec global n'a guère de sens. Quelle est la responsabilité du député de base? celle du ministre des transports dans la politique de sécurité? celle, sur une mauvaise loi, du rapporteur qui a déposé des amendements votés en commission sans que le premier ministre ne les accepte? C'est l'échec du clan au pouvoir en réalité que l'échec global, des deux clans qui s'y sont succédé depuis 25 ans. Pas des autres.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdeleclusier.hautetfort.com/archive/2006/05/19/le-politest-et-notre-identite-au-centre.html</guid>
                <title>Le politest et notre identité: au centre.</title>
                <link>http://carnetsdeleclusier.hautetfort.com/archive/2006/05/19/le-politest-et-notre-identite-au-centre.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Cratyle)</author>
                                                <category>Analyses</category>
                                                <pubDate>Fri, 19 May 2006 19:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le politest, test politique fait par des étudiants de Sciences Po pour aider à mieux définir les positions politiques d'une personne ou d'une tendance d'un parti, tente de définir celles-ci à partir des réponses à 12 questions clés et deux questions complémentaires. Je recommande à ceux qui ne le connaissent pas déjà d'essayer. Adresse: http://politest.fr/ .&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La chose est forcément réductrice, un peu, mais les points choisis sont assez justes, le résultat est donc intéressant. Il permet de vous classer selon vos proximités avec 17 partis différents, plus, dans les plus grands surtout, une différenciation entre tendances, et des précisions supplémentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La difficulté de base est liée à la lecture des énoncés, particulièrement exigeante, et qui empêche la généralisation de ce test à des personnes peu politisées et non intellectuelles, pour dire les choses ainsi. Il y a là un travail à continuer pour pouvoir s'adresser à eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai bien sûr passé le test moi-même pour trouver de quel parti j'étais proche. J'obtiens 1.UDF (cela ne surprendra pas mes lecteurs) et 2. tendance centriste (Borloo) de l'UMP ce qui n'est pas si mal, Borloo étant à l'UMP le plus proche des idées de l'UDF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce politest choisit trois axes permettant de définir la position politique d'un parti et donc de savoir si vous en êtes proche: libéral ou dirigiste (économique et social), conservateur ou libertaire (moeurs), individualiste ou collectiviste (identité et responsabilité).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai étudié la place de l'UDF d'après le politest par rapport aux autres partis du centre, PRG, Cap21, et par ailleurs à ceux qui n'en sont pas. Elle montre une indéniable spécificité du centre et de l'UDF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1) Economique et social&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici les positions de l'UDF telle que formulée par le politest sur les cinq points clés retenus: impôts, mondialisation, pauvreté et exclusion, services publics et place de l'Etat, entreprises:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;- impôts: Il faut baisser les impôts pour tous quand l'Etat en a les moyens et les augmenter pour tous quand c'est nécessaire. (même position que le PRG)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Il faut baisser les impôts pour tous quand l'Etat en a les moyens et les augmenter pour tous quand c'est nécessaire. (même position que le PRG) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- mondialisation: La mondialisation peut être une chance: elle permet aux entreprises de trouver de nouveaux marchés, et les emplois perdus à cause des délocalisations sont en général compensés par ceux qui sont créés, qui sont des emplois plus qualifiés, et qui font progresser le niveau de vie; mais il faut aussi que les gouvernements aident leurs populations lorsqu'elles ne trouvent pas leur place dans la mondialisation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; La mondialisation peut être une chance: elle permet aux entreprises de trouver de nouveaux marchés, et les emplois perdus à cause des délocalisations sont en général compensés par ceux qui sont créés, qui sont des emplois plus qualifiés, et qui font progresser le niveau de vie; mais il faut aussi que les gouvernements aident leurs populations lorsqu'elles ne trouvent pas leur place dans la mondialisation. &lt;p&gt;&lt;i&gt;- pauvreté et exclusion: L'Etat doit venir en aide aux plus démunis, mais il ne faut pas tout attendre de l'Etat. (même position que PRG ou Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; L'Etat doit venir en aide aux plus démunis, mais il ne faut pas tout attendre de l'Etat. (même position que PRG ou Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- services publics et place de l'Etat: Pour assurer leur mission sans représenter une trop lourde charge pour l'Etat, les services publics doivent devenir à la fois plus efficaces et moins coûteux: quelques-uns (comme par exemple le téléphone) peuvent être mis en concurrence avec des entreprises privées, et même être en partie provatisés (du moment que l'Etat en garde le contrôle), ce qui les incitera à s'améliorer. (même position que PRG ou Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Pour assurer leur mission sans représenter une trop lourde charge pour l'Etat, les services publics doivent devenir à la fois plus efficaces et moins coûteux: quelques-uns (comme par exemple le téléphone) peuvent être mis en concurrence avec des entreprises privées, et même être en partie provatisés (du moment que l'Etat en garde le contrôle), ce qui les incitera à s'améliorer. (même position que PRG ou Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- entreprises: Il faut laisser patrons et syndicats négocier les modes de fonctionnement les mieux adaptés à chaque type d'entreprise. (même position que PRG ou Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Il faut laisser patrons et syndicats négocier les modes de fonctionnement les mieux adaptés à chaque type d'entreprise. (même position que PRG ou Cap21) &lt;p&gt;Une divergence sur les impôts avec Cap21, plus favorable à la baisse générale des impôts (thème de droite), et sur la mondialisation avec le PRG et Cap21, plus favorables à un encadrement de la mondialisation par des règles, d'après le politest, mais je n'ai vraiment pas eu l'impression que leur position était si différente que cela de la nôtre! Bayrou a proposé des règles justement dans les domaines cités dans la formulation du politest (droit du travail, environnement, agriculture, culture) pour PRG et Cap21: peut-être est-ce surtout lié au fait que ce test n'a pas été remis récemment à jour?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Partagent les mêmes positions que l'UDF dans le politest: sur les impôts CPNT, FRS (Boutin), GE, sur la mondialisation GE, UMP, sur la pauvreté CPNT, FRS, MRC (Chevènement), PS, UMP, Verts, sur les services publics RPF (Pasqua).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On le voit, à l'exception de l'opinion très largement partagée sur pauvreté et exclusion, commune à quasi tous les partis non extrémistes, l'ensemble de ce corpus relève assez largement du centre seul, et l'UDF n'a en fait que des points communs limités avec les partis non centristes sur l'économique et le social; aucun point commun avec aucun des partis extrêmes, bien sûr, mais cela on pouvait s'y attendre. Les partis centristes ont leur spécificité propre dans le domaine économique et social, cette recherche d'un équilibre entre l'économique et le social, justement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2) Moeurs&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici les positions de l'UDF telle que formulée par le politest sur les quatre points clés retenus: religion, homosexualité, droit à l'avortement, drogues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;- religion: Chacun doit pouvoir pratiquer une religion s'il le souhaite, mais il faut se méfier de la morale religieuse en général: elle fait parfois plus de mal que de bien. (même position que Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Chacun doit pouvoir pratiquer une religion s'il le souhaite, mais il faut se méfier de la morale religieuse en général: elle fait parfois plus de mal que de bien. (même position que Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- homosexualité: Les homosexuels doivent pouvoir vivre le plus normalement possible. (même position que Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Les homosexuels doivent pouvoir vivre le plus normalement possible. (même position que Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- droit à l'avortement: S'il faut garantir le droit à l'avortement, il faut aussi sensibiliser les femmes au fait qu'un avortement n'est pas un acte anodin. (même position que Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; S'il faut garantir le droit à l'avortement, il faut aussi sensibiliser les femmes au fait qu'un avortement n'est pas un acte anodin. (même position que Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- drogues: Légaliser les drogues douces serait une grave erreur: il faut plutôt lutter contre l'usage de toutes les drogues.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Légaliser les drogues douces serait une grave erreur: il faut plutôt lutter contre l'usage de toutes les drogues. &lt;p&gt;Quant aux drogues, Cap21 insisterait davantage sur les conséquences problématiques d'une légalisation, mais les positions sont très proches pour le reste. Ici, par contre, le PRG a une position différente à chaque fois, nettement plus permissive et opposée aux religions (c'est une des caractéristiques définissant ce parti, l'histoire est passée par là).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Partagent les positions de l'UDF: sur la religion CPNT, GE, PS, UMP, sur l'homosexualité GE, sur le droit à l'avortement CPNT, UMP, sur les drogues CPNT, FRS, FN, MNR, MPF, MRC, RPF, UMP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On constate que, à l'exception du MRC de Chevènement, le clivage est vraiment droite/gauche sur les drogues douces, extrêmes compris, passant même par le centre. Pour le reste, les positions de l'UDF sont en fait assez rarement partagées, même sur la religion, hors Cap21, et définissent une position très particulière, ouverte mais précautionneuse, attentive à la personne, à l'humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3) Identité et responsabilité&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici les positions de l'UDF telle que formulée par le politest sur les trois points clés retenus: lutte contre la délinquance, droite de vote et nationalité, immigration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;- lutte contre la délinquance: C'est souvent dans des contextes difficiles que se développe la délinquance (chômage, ghettos, problèmes familiaux, difficultés d'intégration...), mais le contexte n'explique pas tout; c'est un juste équilibre entre prévention et sanctions dissuasives qu'il faut trouver pour lutter efficacement contre la délinquance. (même position que PRG et Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; C'est souvent dans des contextes difficiles que se développe la délinquance (chômage, ghettos, problèmes familiaux, difficultés d'intégration...), mais le contexte n'explique pas tout; c'est un juste équilibre entre prévention et sanctions dissuasives qu'il faut trouver pour lutter efficacement contre la délinquance. (même position que PRG et Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- droite de vote et nationalité: Seuls les Français doivent avoir le droit de vote, et tous les gens qui sont nés et qui vivent en France, quelle que soit leur origine, doivent avoir la nationalité française. (même position que PRG et Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; Seuls les Français doivent avoir le droit de vote, et tous les gens qui sont nés et qui vivent en France, quelle que soit leur origine, doivent avoir la nationalité française. (même position que PRG et Cap21) &lt;p&gt;&lt;i&gt;- immigration: C'est quand les immigrés adoptent les valeurs du pays d'accueil que l'intégration est réussie. (même position que Cap21)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; C'est quand les immigrés adoptent les valeurs du pays d'accueil que l'intégration est réussie. (même position que Cap21) &lt;p&gt;Sur l'immigration, le PRG insiste davantage sur la lutte contre les discriminations dans la formulation du politest (mais l'UDF est aussi opposée à toute discrimination bien évidemment, pas grande différence donc).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Partagent les positions de l'UDF: sur la lutte contre la délinquance, CPNT, FRS, GE, MPF, MRC, UMP, sur le droit de vote et la nationalité, CPNT, sur l'immigration FRS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Positions assez rares, donc, partagées par peu de monde hors du centre, exigeantes et équilibrées en même temps. Là aussi, une spécificité du centre, UDF, Cap21, PRG.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'espère avoir démontré à ceux qui en douteraient que, indépendamment des programmes présidentiel et législatif, notre parti et les autres partis du centre ont des valeurs et positions communes qui les séparent clairement de la gauche et de la droite (sans parler de l'abîme avec les extrêmes). Nous ne sommes pas qu'un compromis entre gauche et droite; l'histoire le prouve d'ailleurs, mais elle a été oubliée. C'est pour cela d'ailleurs que notre indépendance est vécue comme une forme de libération de notre identité.&lt;/p&gt;
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